Les Routiers Sympas

Le professeur David Khayat était le médecin de Johnny Hallyday. C’est lui qui a supervisé son traitement.

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Le professeur David Khayat était le médecin de Johnny Hallyday. C’est lui qui a supervisé son traitement.

Message par Astrid le Ven 8 Déc 2017 - 22:51


Lorsque, plus jeune, il vivait dans le sud de la France, David Khayat se souvient avoir écouté en boucle «Que je t'aime», un des titres phares de la star qu'était déjà Johnny Hallyday. L'an passé, il y a exactement quatorze mois, ce cancérologue internationalement reconnu, ancien président de l'Institut national du cancer (INCa), est devenu son médecin. Depuis, il le voyait «tout le temps», murmure-t-il au téléphone lorsque nous le joignons jeudi après-midi. Sans rien trahir du secret médical, la gorge serrée par l'émotion, le professeur de 62 ans se confie sur celui dont il loue le courage face à la maladie.

Comment vous sentez-vous depuis son décès ?
Professeur David Khayat. Profondément triste. Je perds une nouvelle fois un patient. Pour un médecin, ne pas réussir à guérir est très dur. Je connaissais Johnny Hallyday depuis déjà de longues années. Alors, quand l'an passé, en octobre, il m'a appelé pour aller le voir à Los Angeles et devenir son médecin, je n'ai pas hésité une seule seconde.

Comment était le patient Johnny ?
Un homme d'un très grand courage. J'ai été ébloui par sa force et émerveillé par l'amour qu'il portait à Laeticia et à ses enfants et par celui qu'il recevait en retour. Il s'est battu comme un lion, et ce à tous les stades de la maladie. Jusqu'à la fin, jusqu'au dernier moment, il n'a rien lâché. S'il s'est battu avec une telle volonté c'est pour l'amour, pour sa famille, pour la musique.

Remonter sur scène, cet été, pour la tournée des Vieilles Canailles, n'a-t-il pas aggravé sa maladie ?
Non ! Pour Johnny comme pour n'importe quel malade, le travail, s'il est voulu, n'est pas un facteur aggravant. Il permet au contraire de rester inséré dans la société. Pour lui, c'était capital. Il a choisi de continuer à chanter et cela lui faisait du bien. Personne n'a à être arbitre de sa volonté. En revanche, en tant que cancérologue, je l'ai aidé à le faire. Sans entrer dans les détails médicaux qui relèvent du secret, nous avons fait en sorte qu'il puisse se maintenir physiquement pour assurer ses shows dans les meilleures conditions pour lui.

Cela montre aussi que l'on peut être malade et poursuivre ses rêves...
C'est très important. Aujourd'hui encore, la société rejette les malades atteints du cancer, les réduit à cela. Or, le cancer ne résume pas la biographie d'un individu. Il faut avoir conscience que pour les malades, tout cela est très difficile. On parle là d'un combat épuisant, alors la vie tout autour doit en valoir la peine. Johnny en avait fait son credo. Le rôle d'un médecin est d'accompagner ce cheminement.

En novembre, après y avoir été hospitalisé, il a décidé de quitter la clinique parisienne Bizet, où vous exercez, pour rentrer chez lui...
J'ai effectivement mis en place les soins à domicile, selon son souhait et celui de son entourage. Il a bénéficié du meilleur accompagnement, que ce soit en termes humains (NDLR : médecins et infirmières se relayaient) ou médicaux.

«Le cancer du poumon est la première cause de décès par cancer en France»

Johnny souffrait d'un cancer du poumon. Quelle est la particularité de ce mal qui touche chaque année près de 40 000 personnes ?
Les chiffres de mortalité de ce cancer continuent à faire froid dans le dos (NDLR : quelque 30 000 morts par an). Pour l'homme, il est la première cause de décès par cancer en France et il est en augmentation chez la femme. La difficulté est qu'il n'existe pas de dépistage fiable aujourd'hui, comme pour le sein, le côlon, l'utérus... Mais attention, ce qu'il faut retenir c'est les progrès accomplis ces dernières années.
Il y a donc de l'espoir ?
Enormément. Lorsque nous avons mis en place le premier plan Cancer en 2002, le délai d'attente pour passer un scanner allait jusqu'à 120 jours, retardant les chances de prise en charge. Aujourd'hui, c'est quinze jours. Ce diagnostic précoce est essentiel pour la suite du traitement.
Qui lui aussi évolue ?
Oui, positivement. Je pense aux immunothérapies qui se développent ou aux thérapies ciblées qui permettent de s'attaquer à des mutations de gènes, responsables de certains cancers. Il y a quelques semaines, une nouvelle étude a montré d'importants progrès dans la durée de rémission. Mais tout cela ne peut marcher qu'avec un véritable plan de lutte contre le tabagisme, responsable du plus grand nombre de cancers du poumon. Cela doit faire l'objet d'une stratégie européenne.
Johnny peut-il être un symbole pour les autres malades ?
Il l'est déjà. Un symbole d'espoir et de courage. Ce que souhaitait Johnny, c'est que l'exemplarité de son combat serve à d'autres. Leur dire : « Vivez, profitez de chaque instant ». C'est pour cela qu'il l'a rendu public. Il n'avait aucun stigmate visible, il aurait pu cacher son cancer... Il a choisi de le mettre en lumière pour que cela puisse aider tous les malades.


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Astrid
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