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Plus de 7000 Kms en voiture pour aller dépanner le Mack

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Plus de 7000 Kms en voiture pour aller dépanner le Mack

Message par Jean le Dim 24 Déc 2006 - 5:47

Loulou Bonfils, était un chauffeur qui avait une très bonne réputation dans les milieux des Routiers Suisse, le connaissant de longue date, et alors que j’étais devenus « Patron », je me suis rapproché de lui, afin de le convaincre de venir travailler avec nous.

Il avait un petit handicape physique, il boitait…mais cela ne l’empêchait pas de faire très bien son travail, chose dite, chose faite, je l’embauche donc pour  conduire le nouveau Mack V8 que j’avais acheté quelques mois auparavant, c’était en 1976, je lui ai fais faire le premier voyage  à Téhéran en double avec Jean Louis, notre autre chauffeur, tout se passe bien…

A la suite de ce premier voyage avec Jean Louis, il part avec le Mack charger 20 tonnes de Whisky à Londres,  et c’est le départ, seul cette fois…seul c’est un grand mot, car sur cet itinéraire, il y a toujours quelqu’un pour rouler de concert avec vous, ça à été le cas ce voyage là, il à fait « la route » avec  un chauffeur « Borcard » qui avait lui un Volvo F89.

C’est déjà l’hivers qui commence en Turquie, la neige fait son apparition, bien équipés, nos deus chauffeurs, n’ont pas de problèmes de ce coté là, par contre d’autres, des chauffeurs Roumains avec de vieux Unic n’ont rien du tout, alors naturellement dans les montagne de l’Est de la Turquie, pour eux c’est la vraie « galère », et bien sur, ceux qui se trouvent derrière doivent attendre qu’ils dégagent enfin la route…, c’est ce que font Loulou et son acolyte .

Mais voilà ça à duré longtemps, le « cirque » Roumain, alors nos deux lascars se sont couchés, en laissant naturellement les moteurs tourner au ralenti…le froid de la nuit à fait le reste, le gasoil à gelé, les moteurs se sont arrêtés…et la galère à ainsi commencé pour eux aussi….

Pas habitués à ce genre de sport, ils n’ont pas su réagir tout de suite, ce n’est que le lendemain matin, qu’il ont « tenté » de remettre en route les moteurs ; mais bernique, les batteries ont rendu l’âme rapidement, alors que faire …, ils m’ont dit par la suite avoir été pris de panique, ils ont tout simplement abandonnés les véhicules.

Revenu en « Stop » jusqu’à Erzinkan ou les Transports Chappuis de Lyon avaient installé une base dans un hôtel du Pays, c’est de l’à qu’ils m’ont téléphoné pour m’avertir de ce qui se passait, aussi bien pour Loulou que pour son copain le chauffeur Borcard.

Mr Borcard, est le patron d’une Agence Volvo dans le canton de Fribourg en Suisse, nous nous connaissons bien, alors nous décidons que ce soit moi partes en voiture, avec des batteries neuves, et tout ce qu’il faut pour  remettre les véhicules en marche.

Ma voiture une vieille Lancia est très fiable, elle est très bien équipée avec pneus à clous, chaînes, enfin tout ce qu’il faut pour la montagne, ma compagne décide de m’accompagner, alors c’est parti, on roule pratiquement non stop jusqu’à Ankara, nous y récupérons Jean Louis qui rentre de Bagdad, et nous voilà parti pour l’est, dès le départ d’Ankara c’est la Neige continuellement , nous arrivons à Kirikkale, là on doit mettre les chaînes à la voiture,  alors on roule doucement, surtout qu’il y a très peu de visibilité avec la neige qui tombe à gros flocons, malgré tout, nous trouvons quand même pas mal de circulation, en fin d’après  midi, nous arrivons enfin à l’hôtel Omür de Erzincan…naturellement, les « explications » ont un caractère très « tendu », d’autant plus que ces deux « baizenenets » ont  « une ardoise » confortable à l’hôtel.

Le lendemain nouveau départ pour aller retrouver les camions, mais nous n’y parvenons pas dans la journée, nous dormons à Erzurum, le lendemain après avoir réussi à mettre en route la voiture (elle n’a jamais ingurgité autant de Start Pilote de sa vie), nous arrivons enfin au Tahir, les deux camions sont ensevelis sous une épaisse couche de neige, les bâches sont intact, les plombs aussi, (ouf) mais la cabine du Mack est restée basculée, est pleine de la neige qui est rentrée par l’orifice du changement de vitesses, ce jour là, nous n’avons fait que « peller «  pour dégager les camions, il est 2 heures de l’après midi, la nuit arrive déjà, alors replis général sur Erzurum, demain sera un autre jour….

Le jour suivant pareil scénario, nous arrivons sur place vers dix heures, ma compagne est préposée à la confection intensive de café et de casses dalle, et nous, nous commençons par faire du feu sous les carters , peut ètre un peu trop…(on va voir pourquoi plus loin), on installe le « réchaud » sous le réservoir, on fait fonctionner le « brûlot », on remet les batteries neuves, et on teste le démarrage, dire que ça part du premier coup c’est pas vrai, mais au deuxième, avec un peu de »vitamines «  pas de problème, ça tourne.

C’est parti…..seulement…en examinant les manomètres, je me rend compte qu’il n’y a pas de pression d’huile, et pareil, pour l’air,  bizarre…non ?, rien ne coule dessous, on à contrôlé l’huile, alors que’ acco…  c’est seulement au bout d’un moment que je réalise que le feu sous le carter à « cramé » les tuyaux plastic, celui de l’huile et celui de l’ air, donc nous ne repartirons pas encore ce jour là, le Volvo lui, pas de problèmes, un coup de surcharge, une bonne giclée de Start Pilote, ça fume, mais ça part…, donc après cette dure journée, retour à l’hôtel d’Erzurum

Le lendemain, je me met à la recherche de raccords à olives pour réparer les tuyaux, du moins celui de l’air, rien du tout, ils ne savent même pas que ça existe… alors, c’est un tourneur qui nous prépare des raccords, à la bonne dimension,, des serflex, du ruban adhésif, mais voilà déjà le soir qui approche, alors, on verra demain…

Comme nous n’avons pas trouvé de « super »  pour la Lancia, et qu’elle doit se contenter d’ordinaire Turque, elle manifeste dons son indignation en faisant la forte tête, il faut la pousser pour qu’elle daigne enfin démarrer, mais ça pas de problème il y a du monde pour regarder et pousser, nous arrivons enfin vers les camions, je monte avec difficultés les raccords de fortune, je bride solidement tout ça.. Et, miracle, ça marche…ouf, le reste n’est plus que formalité, c’est moi qui prend le volent, ça ne patine même pas un  quart de tour, ça y est ont est sorti de la « gonfle » comme on dit en Suisse.

Nous décidons d’accompagner les camions jusqu’à la frontière d’Iran, nous y arrivons tard le soir, heureusement il y a un « hôtel », il fait si froid dans la chambre que nous couchons tout habillé, ce soir là, pas de câlin géant avec la copine….d’ailleurs elle est fâchée, il parait qu’on met trop de Whisky dans le café.

La vie reprend son cours normal, C’est Jean Louis qui part pour Téhéran, il en profitera pour faire à son compte deux voyages « sauvages »  Téhéran Bandar Abbas, mais il a quand même fait réparer les circuits d’air comme il faut.

Nous, nous rentrons, toujours avec les chaînes à la voiture, elle ont cassé deux fois, on les a fait ressouder, mais on est quand même arrivés tranquille à Ankara, l’à on à chargé la voiture dans le MAN de Jean Louis, et nous sommes rentrés en Suisse sans problèmes, bien entendu il était hors de question pour  Loulou de repartir, cependant, quelques mois après, un autre collègue l’à embauché pour un voyage à Kuwait, là il y est resté, il a fait un infarctus, pour lui la grande route ne lui convenait sûrement pas, cependant c’était un  bon chauffeur…mais en Suisse seulement.

Autre chose, savez vous combien m’à coûté  cette aventure ?  Eh bien très cher, et tout ça par la faute de deux « Baizenenets »  et de deux pauvres chauffeurs Roumains mal équipés, mais qui, malgré tout, sont quand même arrivés bien avant nous à Téhéran, eux.

La situation à notre arrivée sur place


Le moteur recouvert par le manteau de neige

Le moteur et la cabine enneigés

La neige est entrée par l'oriffice du changement de vitesses

Le "Brullot" en pleine action

Le feu est en train de "crammer" les tuyaux


Nous tentons de dégeler les verins et de redescendre la cabine

Le déneigement du site pour pouvoir dégager les camions

Un convoi Friderici, Crelier s'arrète pour nous demander si tout va bien, merci ça va...

Dépannage terminée, ça repart, au premier plan, la Lancia du Voyage

A Ankara, on charge la Lancia pour le retour en Suisse


Dernière édition par Jean le Ven 18 Oct 2013 - 15:22, édité 2 fois






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Re: Plus de 7000 Kms en voiture pour aller dépanner le Mack

Message par Les Routiers Sympas le Dim 24 Déc 2006 - 8:42

J'ai habité de 1977 à 1983 à Bevaix, c'est la voiture de ma "collaboratrice" de l'époque, elle tenait un magasin de Tabac Journeaux à Cortaillod...elle était aussi du voyage pour aller dépanner le Mack...elle était chargée de la partie boisson et nourriture de l'expédition... :E_JUMP_1:
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Re: Plus de 7000 Kms en voiture pour aller dépanner le Mack

Message par Papy le Dim 24 Déc 2006 - 9:53

C'est vraiment impressionant... Quand je vois la premières photo, on dirait qu'il n'y a plus rien autour du camion, le désert blanc...
Explique moi ce que c'étais c'est voyage sauvage, c'étais du transport que tu ramassais a la sauvette, histoire de te faire 2 ou 3 tunnes sur le passage ???
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Re: Plus de 7000 Kms en voiture pour aller dépanner le Mack

Message par Les Routiers Sympas le Dim 24 Déc 2006 - 10:05

Teddy a écrit:C'est vraiment impressionant... Quand je vois la premières photo, on dirait qu'il n'y a plus rien autour du camion, le désert blanc...
Explique moi ce que c'étais c'est voyage sauvage, c'étais du transport que tu ramassais a la sauvette, histoire de te faire 2 ou 3 tunnes sur le passage ???
La vie reprend son cours normal, C’est Jean Louis qui part pour Téhéran, il en profitera pour faire à son compte deux voyages « sauvages » Téhéran Bandar Abbas, mais il a quand même fait réparer les circuits d’air comme il faut.

Il était très courrant que certains chauffeurs fassent des voyages Teheran Bandar Abbas Teheran pour leur compte, ça payais 1000 $ au cul du camion, les patrons ne pouvais pas vraiment contrôler ce petit trafic car on ne pouvais pas prévoir le temps que durerai le dédouanement, alors question temps, on n'y voyais rien, seulement question Kms, mais la encore, débrancher le cable de compteur n'est qu'une formalité...et de tout ça il y en a beaucoup qui ont plus qu' abusés :0128EA~18: :0128EA~18: Bien entendu en ce qui concerne ces 2 voyages "sauvages,", je n'ai pas vu un rond, mais a l'arrivée en Suisse, Jean Louis n'as rien vu non plus....
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Re: Plus de 7000 Kms en voiture pour aller dépanner le Mack

Message par Invité le Lun 25 Déc 2006 - 16:46

je doute cette annee la il pas dut avoir son "panier de noel" loulou
et pis laisser la cabine basculer...ca se fait pas!!!
mais...quel tristesse de mourrir si loin dans l,excercice de ces fonction.
sinon...superbe histoire agrementer de ces superbe photo !!!
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Un dépannage à 3500 Kms de la maison

Message par Les Routiers Sympas le Dim 16 Sep 2007 - 18:57


Près d'un mois sous la neige et la cabine levée....premier travail le déblaiement.


Un convoi Friderici passe près de nous,
Les chauffeurs Français passent tout droit, mais les Suisse, eux, s’arrêtent spontanément


Pas moins de 3500 kms pour se rendre "au Tahir" en Turquie, depuis Ankara avec les chaînes a la voiture malgrès les pneus à clous dont elle était équipée, un jeu de batteries dans le coffre, et surtout beaucoup de courage.

C'est ce qu'il à été nécessaire pour dépanner le Mack immobilisé par la faute d'un chauffeur inexpérimenté à ces dures exigences des routes du Moyen Orient...

Ah oui, j'oubliai, on avait aussi avec nous une bonne réserve de "carburant"...on a quand même bien rigolé.....




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Re: Plus de 7000 Kms en voiture pour aller dépanner le Mack

Message par Les Routiers Sympas le Dim 16 Mar 2008 - 6:57

Vous retrouverez la suite de cette histoire en vous inscrivant sur ce forum et en la lisant dans la Rubrique Moyen Orient >>> « Les Voyages de Papyroutier




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