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Noël 1973, Une nuit mouvementée

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Noël 1973, Une nuit mouvementée

Message par Les Routiers Sympas le Dim 25 Mar 2007 - 16:15

Noël 1973, Une nuit mouvementée

Cette année là, j’avais chargé vers le 10 décembre en Grande Bretagne à destination de Téhéran.

Une quinzaine de tonnes en tout : des machines à laver sur deux couches au fond et par-dessus du Whisky.

L’impératif était d’arriver à Téhéran avant le 31 décembre, le Whisky était attendu pour Nouvel an, donc, pas question de passer
Noël à la maison…une fois de plus…. Jean Claude mon fils de 14 ans m’accompagnait pour ce voyage.

Nous sommes arrivée à Dogubaïasit (Douane Turque à la Frontière Iranienne) le 22 décembre au soir, le lendemain, passage en Iran à Bazargan (Douane Iranienne à la frontière Turque), vers 15 heures nous voilà parti en direction de Téhéran, il faisait déjà presque nuit.

L’hiver est très rigoureux dans ces régions balayées par les vent glacée venant de Russie, il gèle dur, et naturellement le
Gasoil gèle (vous connaissez), alors pour atténuer la formation de paillettes dans le Gasoil, on avait l’habitude en faisant le plein de mettre un pourcentage important de pétrole, et faute de pétrole on mettait de l’essence…ce que j’ai du faire ce coup là…

Nous passons Marand, Tabriz, nous longeons les gorges , passons les tunnels qu’il y a avant d’arriver à Zandjan….mais, il ne faisait pas chaud du tout dans ce coin là, aussi, bien que « dopé », voilà le moteur qui commence à faiblir, un signe caractéristique de la mauvaise arrivée de carburant.

La conduite à tenir dans ces cas là est de vite s’arrêter, d’allumer le « réchaud » sous le réservoir ( technique locale qui
consiste à mettre un peu de sable dans un bidon d’huile vide, dans le sable on verse du Gasoil, on y met le feu, et on met tout ça sous le réservoir pour le réchauffer) pour parfaire la chose on confectionne un « brûlot », un peu d’étoupe au bout d’un fil de fer, on le trempe dans le Gasoil, on y met le feu, et on réchauffe les conduites de carburant, ça fonctionne très bien, mais suivant le froid , ça ne dure pas très longtemps, alors une seule solution recommencer l’opération.

Donc plusieurs fois entre Tabriz et Zandjan j’ai recommencé l’opération….vers le matin ou le froid est le plus mordant, arrivé
presque à Zandjan, rebelote…, mais « connerie » de ma part, v’la t’y pas que je me met à faire fondre (c’était inutile) la glace agglutinée autour du bouchon du réservoir principal, je n’ai pas pensés aux gaz diffusés par l’essence, mais eux il ont pensés à moi…explosion, je me retrouve à 4/5 mètre couché dans la neige, mon anorak en feu,

Je me roule dans la neige pour éteindre le « sinistre »…je me « regarde, mes moustaches en avaient pris un
coup, et mes mains, toutes brûlées, et la figure, enfin ça aurait pu ètre pire, avec le froid je ne sent rien du tout.

Le réservoir, lui était en train de se vider…comme un arrosoir…ça pisse de partout, vite fermer le robinet de communication avant
que ce soit tout vide…et comme c’est le réservoir principal qui à explosé, qu’une solution changer de réservoir, alors n’i une n’i deux, au travail, les brides, pas facile à dévisser… le réservoir de remplacement contenait environ 250 litres changer tout
ça…deux bonnes heures après tout est fini, le soleil s’est levé, il commence à faire moins froid, plus besoin ni du « réchaud » ni du « brûlot », le réservoir percé, je l’ai laissé au bord de la route, au retour il n’y était plus…..

Le matériel rangé, il faut à présent penser à moi, Jean Claude à fais chauffer de l’eau avec le Camping Gaz, pour du café d’abord,
et ensuite pour me laver les mains….alors là, tout à basculé…d’avoir trempé mes mains dans l’eau chaude à réveillé la douleur…je ne vous dis pas ce que c’est… enfin on serre les dents et non part comme çà,

Arrivé à Zandjan, une pharmacie ouverte, je m’arrête pour acheter ce qu’il fallait pour me soigner…le pharmacien qui parlait
Français, m’a alors conseillé d’aller à l’Hôpital, ce que j’ai donc fait, mais voilà, ils voulaient me garder….Ha non !
Alors les infirmières, mon nettoyé les plaies, de la figure et des mains, bandé les mains, mis de la pommade sur la figure et le cou, et je suis parti (elle n’ont pas voulu que je paye)… des jolies nana en plus… et pas « bâchées »….

Bien que très bien soigné, la chaleur de la cabine est vite devenue insupportable, je ne pouvais pas tenir mes mains sur le
volant, alors Jean Chaude, s’est assis à coté de moi, c’est lui qui à conduit les 450 derniers Kms du parcours pour arriver à Téhéran, moi, je gardais les mains à l’extérieur, et le visage le plus possible, pas chaud du tout, mais efficace pour la douleur, nous sommes arrivés ainsi sans autres encombres à Téhéran, nous étions le 24 décembre 1973 au soir, donc largement dans les temps pour le Whisky

Lorsque nous étions à Téhéran, nous avions coutume de loger à l’Hôtel, les camions étaient garés le long du Boulevard tout près de la Place Ferdowsi, personne ne nous disait jamais rien du tout, notre hôtel s’appelait la Pension Suisse, à part le nom et quelques photos du Cervin et du Jet d’Eau de Genève, absolument rien de Suisse, mais quand même on avait l’impression d’ètre en Europe, il y avait de tout à manger, et a boire, aussi bien du porc, du vin ou de l’alcool,les tenanciers avaient une maison dans la vallée de la Loire en France…ils s’y sont réfugié à temps et avec leur pognon juste avant le début de l’aire Koméni… tant mieux…

Bien sur, ce soir là, je n’ai pas pu assister au repas de Noël préparé pour tous les Français ou les Suisses présent à l’hôtel,
je sentais trop le « cochon grillé », mais plus tard dans la soirée, Wodka et Whisky aidant, plus personne ne sentait les effluves que je dégageais

Ce sont mes copains qui ont été déchargé et rechargé mon camion, après quelques jours de repos ça allait beaucoup mieux
pour moi, alors sans problèmes mais toujours avec mes bandages aux mains j’ai pris le chemin du retour…j’ai même mis les chaînes avec mes mains bandées…

Ca aurait quand même été beaucoup mieux, si j’avais pu passer ce Noël là avec ma famille, non ?


Le Parcours Iranien du Voyage


Le “fameux cubilot” en pleine action


L’important c’est de changer le réservoir de place, pas simple lorsqu’il y a encore plus de 200 litres de gasoil dedans


Ben dis donc, t’as vu ça, comme ça a peté…


Et mon Anorach, il est moins bien maintenant


Tu parles d’un coup de Soleil, on voit même la découpe du passe montagne


A ma sortie de l’hôpital de Zanjān, des beaux bandages, et de la pommade jaune et verte plein le visage


Réveillon solitaire le soir de Noël 1973 à la Pension Suisse de Téhéran




Avec nos Cordiales Salutations
******************


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